Notre système de retraite par répartition est à bout de souffle. Les actifs d’aujourd’hui financent les pensions des retraités actuels, sans aucune garantie pour leur propre avenir.
Tous les chiffres convergent : ce modèle repose sur une logique qui s’apparente de plus en plus à une pyramide de Ponzi démographique.
Selon les travaux du Conseil d’orientation des retraites, en 1960, la France comptait 4,1 actifs par retraité ; 3 en 1970 ; 1,7 aujourd’hui ; et le ratio pourrait tomber à 1,4 d’ici 2070.
Parallèlement, la durée de vie en retraite est passée de 15 ans en 1965 à plus de 24 ans en 2023.
Conséquence directe de ce déséquilibre croissant, un quart de toute la dépense publique est aujourd’hui consacré aux retraites. Selon certaines analyses, près de la moitié de l’augmentation de la dette depuis 2017 vient du déséquilibre du système de retraite.
D’après les données INSEE/DREES, depuis la fin des années 1990, la dépense de retraites a augmenté environ 1,5 fois plus vite que le total des salaires nets.
Alors que les cotisations retraite représentaient de l’ordre de 15% du salaire dans les années 1970, elles tournent aujourd’hui autour de 28%.
Les actifs n’arrivent plus à suivre. La charge devient insupportable pour ceux qui travaillent, entreprennent, créent de la valeur dans notre pays. Nous ne pouvons plus continuer ainsi.
Si l’on regarde les données avec lucidité, deux constats s’imposent.
1. Notre système ne peut plus supporter une revalorisation automatique, chaque année, de toutes les retraites.
Nous en avons eu la démonstration en 2024 : toutes les retraites, y compris les plus élevées, ont été revalorisées.
Coût : 25 milliards d’euros.
Selon Bercy, 75 % de cette somme a été épargnée.
Bien sûr, les retraités modestes n’épargnent pas et consomment l’intégralité de leur pension. Mais ce n’est pas le cas de tous les retraités.
Revaloriser indistinctement toutes les retraites revient à utiliser les cotisations des travailleurs pour financer… l’épargne de certains retraités.
Je le dis, même si cela peut déplaire : ce n’est plus soutenable pour les actifs.
2. Il faut un changement de système.
On peut encore bouger l’âge, la durée, les trimestres… mais cela ne sauvera plus le système.
Nous sommes arrivés au bout du modèle par répartition tel que nous le connaissons.
C’est pourquoi je plaide pour une transition progressive vers un système de retraite par capitalisation : un modèle transparent, responsabilisant, où chacun cotise pour lui-même, où l’effort de chacun profite réellement à chacun.
C’est une condition indispensable pour restaurer la confiance des Français dans l’avenir de leur propre retraite.
Ce modèle de la retraite par capitalisation n’est pas une idée de laboratoire : il est déjà largement répandu à l’étranger et en plein essor en France. Selon l’OCDE, les régimes de retraite adossés à des actifs (capitalisation) se sont fortement développés dans la quasi-totalité des pays membres. En France, plus de 11 millions de personnes sont titulaires d’un Plan Épargne Retraite (PER), pour près de 119 milliards d’euros d’encours à fin septembre 2024. Plusieurs études montrent que, sur le long terme, les rendements des capitaux investis sont supérieurs à ceux d’un modèle purement par répartition.
Nous avons un choix historique à faire : continuer à repeindre les murs d’une maison qui s’effondre… ou bâtir enfin une architecture solide pour garantir la retraite des générations futures. C’est un projet de transformation à la fois titanesque et exaltant, sur lequel je souhaite travailler avec vous.


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